vendredi 29 juillet 2011

Une finale en Irlande...que j'ai mis du temps à vous partager !

Killarney – Castledownbere
Deux très belles routes mènent à Killarney. Deux jours plus tôt, j’avais parcouru celle qui origine de « Moll’s Gap », traverse le Killarney National Park, en passant par Muckross avant de terminer sa course à Killarney. Ce matin-là, j’allais parcourir la seconde route, celle passant par le « Gap Dunloe ». Beaucoup moins fréquentée que la première mais tellement magnifique elle aussi. En réalité, celle-ci n’est pas fréquentée par les voitures mais ce sont plutôt les carrioles tirées par des poneys qui abondent. La route zigzague dans une vallée au travers d’un défilé de petits lacs reliés entre eux par une mince rivière qui coule, mais pas toujours doucement.

Le débit d’eau dépend du niveau des pluies et elles sont exceptionnellement abondantes en juin 2011 !!! Justement, une fine bruine fouette mon visage alors que je tente de dépasser les carrioles pas assez rapides à mon goût et d’où se dégage une odeur … pffffouaaaah … nauséabonde ! Mieux vaut se trouver devant que derrière ;-) La pluie me donne l’impression d’être dans ma douche. Je dégouline de partout. La route est belle mais les montées sont parfois très rudes bien que pas mal courtes. Par la suite, je me suis retrouvée devant un lot d’affiches dont une indique Kenmare mais en direction d’une route toute défoncée et très étroite. Hummm hummmm, la veille, j’avais justement lu dans mon « Routard » qu’à l’occasion, des petits comiques s’amusaient à détourner des affiches. Ouin ouin ouin, pas moyen de demander à quelqu’un si c’est effectivement la route que je dois emprunter car je suis seule au monde ! Je n’ai d’autre choix que d’avancer sur cette route et de voir où je vais aboutir. Elle est à peine assez large pour une voiture ce qui, par chance, ne permet pas d’excès de vitesse. Je rencontre un groupe de cyclistes qui, au départ, m’ont laissé croire que je n’étais pas sur le bon chemin et que je me dirigeais dans la direction opposée à ce que je souhaitais. Il va sans dire qu’habituellement, j’ai un bon sens de l’orientation mais avec la brume qui sévit sur le paysage, mon orientation fait défaut un peu, beaucoup, passionnément, à la folie (!!). Mais non, après avoir regardé attentivement leur « map », ils me confirment que je ne suis pas très loin du « Moll’s Gap » que j’escomptais atteindre. Yesser ! Ne te réjouis pas trop vite Nat, tu te souviens comme le Moll’s Gap est élevé en altitude ?! Effectivement, une longue pente m’attend mais tout de même, je ne me décourage pas trop car j’arrive à tenir le rythme de mes amis cyclistes malgré qu’ils ont un bon 70 livres en moins sur leur monture…yeah !
Là-haut, je ne prends même pas la peine d’arrêter, m’empressant plutôt de descendre vers Kenmare. Après tant d’efforts, je suis détrempée et dois donc compter sur ma faible chaleur corporelle pour survivre pendant le 10 kms qui me sépare de Kenmare. En arrivant là-bas, j’ai été attirée par un restaurant tout simplement parce qu’un « graffiti » sur le mur affichait « soupe et café », tout ce dont j’avais besoin pour me réchauffer. En tout cas, les irlandais ont sûrement le sang plus chaud que moi. Câlibine, je porte un cuissard long, un court par-dessus, des pantalons en gore-tex, un chandail à manche longue, mon manteau en gore-tex et parfois même un « windstopper » entre ces deux couches et j’ai à peine assez chaud. J’ai vu un irlandais avec un cuissard court et un chandail à manches courtes… « that’s it » ! Je n’arrive pas à le croire, je serais sûrement encore gelée malgré toutes les soupes avalées, les cafés bus et les douches chaudes prises.
En après-midi, ma route s’est poursuivie mais sur la péninsule de Béara, une beaucoup moins fréquentée mais tout aussi belle. Là-bas, c’est vert plus que jamais. Certains passages sont sous des tunnels d’arbre, c’est fort enchanteur comme endroit. Comme la température n’était pas super, je comptais aller à l’auberge de jeunesse près du « Glenmore Lake », après la toute petite ville de Lauragh. Je savais que la longue montée du « Healy Pass » était devant moi. Monte, monte, monte….toujours aucune indication pour l’auberge en question. Plus je monte, plus la vue se camoufle sous la brume qui s’épaissit à chaque tour de roue. Mon Dieu, mais c’est que je ne vois presque plus rien devant moi ! Soudain, une affiche pour l’auberge apparait et indique qu’elle se trouve 5 kms plus loin vers la droite ! Pfffff, si tu penses que je vais descendre les 5 kms que je viens de monter pour devoir les remonter demain… No way, je continue ma route pour atteindre le petit village de pêcheurs de Castletownbere même si c’est 15 kms plus loin et dans le sens opposé de ma prochaine destination. Voyez l’effet des pentes parfois ?!!! Les derniers mètres à grimper étaient beaucoup plus difficiles. D’une part, le pourcentage de la pente était tout de même assez élevé et d’autre part, je ne savais jamais quand ça allait terminer, je ne voyais que quelques pieds devant moi !! Rendue au « Healy Pass », je ne voyais rien moins que rien. La descente a débuté et soudain, le paysage s’est pointé le nez devant moi. Poufffff, un vrai tour de magie et j’en ai eu le souffle coupé ! Eeeee wooooowwwwwwwwwwwwww ! En plus, la route se défilait devant moi comme un fin ruban entremêlé sur le sol.
OOhhhh boboy ! C’est juste à moi cette descente-là ?! Hummmm, du plaisir à profusion mes amis ! J’ai réussi l’impossible en filmant ma descente, ce qui impliquait que je ne tienne ma monture qu’à une seule main…danger vous dites ?! Ne non ;-) Et le pire dans tout ça est qu’à tout moment, un animal quelconque risque de se pointer dans votre chemin. Mais en fait, est-ce votre chemin ou le leur ?! Là est la question…hihihi !
Castledownbere – Skibbereen
Ce matin, après avoir passé la nuit dans un camping assez ordinaire, avant toute chose, je suis allée faire une virée au village miniature de Castledownbere. Je n’allais quand même pas faire 30 kms additionnels sans venir voir de quoi avait l’air ce charmant village de pêcheur.

Le soleil et la chaleur sont aujourd’hui plus conformes à mes attentes. Mais, tous les irlandais le disent, juin n’aura pas été un mois d’été en 2011 ! Je m’arrête à Glengarriff pour faire le plein d’énergie et repart de plus belle en début d’après-midi. Je traverse Bantray dont le cimetière est dans une butte à la sortie de la ville.

Pour atteindre Skibbereen, je fais le choix d’emprunter le route régionale mais cela signifie très souvent une route plus étroite encore (hé oui, c’est possible, je l’ai vérifié !!) et le degré des pentes est souvent plus grand.

À la fin de la descente, je me suis sentie triste car je savais que le meilleur de l’Irlande était maintenant derrière moi, tous ces étonnants et mémorables paysages de la côte ouest que je ne reverrais pas de sitôt.
Ma soirée s’est terminée dans un restaurant qui aurait avantage à faire partie de tous les guides de voyage. Il ne faisait malheureusement pas partie du guide Routard emprunté « à long terme » au camping de Clifden ;-), c’est le proprio du camping qui m’a conseillé de venir ici. Le décor, l’ambiance, la rapidité du service, le choix au menu, la qualité de la bouffe, les serveuses, le prix…tout était parfait !!


Permettez moi de vous raconter un brin d’histoire à propos du restaurant « The Church » de Skibbereen. Le restaurant a été initialement converti à partir d’une église méthodiste qui auparavant tenait hebdomadairement des services religieux, de 1833 à 2003. En 2006, l’édifice a été complètement détruit par les flammes. Rien n’a survécu mis à part les 4 murs et 4 items qui aujourd’hui font partie du nouveau restaurant :
-          2 colonnes en fonte qui s’élèvent dans la porte d’entrée
-          La porte double frontale
-          Une plaque de marbre qui est au même endroit qu’originalement, dans les escaliers
-          Et une pièce de l’un des balcons originaux en fonte. 

Inscription au bas du menu :
If God forbade drinking, why would He have made wine so good ? Cardinal Richelieu
(Si Dieu a interdit de boire, pourquoi aurait-il fait le vin si bon?)
Skibbereen – Timoleague
Parfois, la cervelle nous joue des tours ! J’étais préparée à une journée courte  causée par le peu de distance à parcourir entre Skibbereen et Timoleague. Mais, courte distance ne signifie pas pour autant que cela sera facile. En empruntant les routes de campagne, on se voit souvent pris dans des cotes de quelques mètres mais d’un degré qui vous fait regretter votre choix. Bien que je n’avais que 50 kms à parcourir, je me suis vite retrouvée la langue à terre. La situation se reproduit aussi quand je sais que je ne suis qu’à quelques kms de ma destination finale. Même s’il ne reste que 2-3 kms à pédaler, la fatigue se fait davantage sentir et j’ai très très très hâte d’arriver. Pourquoi ? J’en sais rien….il faut croire que je suis ainsi faite. Lors de la traversée d’un joli village, de fines gouttelettes ont laissé leur trace sur une étendue d’eau.
Timoleague – Cork

Je suis réveillée par une chaleur insupportable dans ma tente. Il n’est que 7h30 mais déjà, le soleil « cuit » ma tente et celle qui s’y trouve … MOI ! Wooowww, c’est signe que je vais avoir droit à une superbe finale comme dernière journée. Voici ma bécane, qui se laisse dorer au soleil après que je l’ais décorée à l’irlandaise en y apposant quelques trèfles sur le pare-boue arrière. Prêt pas prêt, on y va URocK ?
C’est de loin mon plus beau matin, dommage que ce soit le dernier....
La route longe une rivière qui se déverse dans la mer celtique probablement non loin car mon nez arrive à en détecter l’odeur.

Devinez maintenant ce qui m’attendait à mon arrivée à Cork. Mais voyons, c’est évident et prévisible : de la PLUIE !!!!!!!! Hé oui, une belle averse assez intense me tombe dessus malgré le ciel bien bleu encore. L’Irlande, si imprévisible !
Une fois bien installée dans un hôtel, je suis allée ma balader à pied dans cette ville plutôt industrielle. Cela explique possiblement que la majorité des touristes sont d’avis que Cork ne vaut pas le détour. Mais tout de même, en s’éloignant du centre, on fait parfois de belles découvertes.


 
À Cork, contrairement à partout ailleurs en Irlande, on préfère la Murphy’s à la Guiness.
 Vous vous souvenez qu’en Espagne j’ai rencontré deux polonais à bicyclette ? Hé bien l’un d’eux habite Cork en Irlande. Il ne s’y trouvait malheureusement pas lors de mon passage mais avait pris soin de me formuler ses recommandations. C’est ainsi que j’ai passé la soirée au SinE, un endroit lugubre à l’extérieur mais si chaleureux à l’intérieur.


C’est tout petit, les gens sont entassés comme ce n’est pas permis et il n’y a pas un bout de mur et même de plafond qui n’est pas décoré. Ici tout est permis dans la « déco »….

Dublin
Visiter le musée Guiness à Dublin, ce n’est pas donné : 15 euros, soit environ 21 $ mais pour moi, l’argent a été bien investi, j’ai ADORÉ ! Évidemment, la visite débute et se termine par la boutique de souvenirs. Ils sont « wises » eux aussi ! Le musée est réparti sur 7 étages, chacun (ou presque) étant attitré à un thème en particulier : fabrication de la Guiness, histoire de cette excellente bière, Arthur Guiness lui-même et la signature de son bail de 9 000 ans, la publicité et la finale, le 7e étage où l’on vous attend avec une splendide vue 360 degrés sur Dublin et une pinte de Guiness !

Mon étage favori est sans conteste celui où sont affichées les nombreuses publicités. Saviez-vous que le livre Guiness tenait son origine de la bière ? Également, saviez-vous que pour célébrer les 200 ans de la Guiness, 150 000 bouteilles de bière, fabriquées uniquement pour l’occasion avaient été jetées à la mer ? D’ailleurs, certaines d’entre elles ont été retrouvées en Californie ces dernières années.




Enfin, a l’étage réservé pour la publicité, il y a un aménagement de télévisions et de miroirs pour faire défiler avec un effet bizarroïde les publicités. Je me suis bien amusée avec les miroirs et ma caméra, en voici la preuve.
Avant de quitter Dublin, j’ai fait un tour guidé de la ville. Voici quelques-unes de mes images préférées




Pour vous faire sourire, voici une petite démonstration de comment on peut se débrouiller avec une envie de pipi pressante a l’arrivée a l’aéroport avec le vélo, les bagages et la boite de carton pliée et emballée dans une toile bleue (tarp).

En guise de conclusion, je vous partage quelques constats faits pendant ce court séjour de 3 semaines en Irlande :
·      Ma plus belle surprise de ce voyage est purement gastronomique : mon Dieu qu’ils font de l’excellent pain, ils n’ont rien à envier à nos cousins français.
  • Les cyclistes irlandais portent presque tous une veste jaune fluorescente question d’être vus sur la route si étroite et où les bolides filent à vive allure. Quant à moi, j’avais presque toujours mes couvre-sacoches jaunes fluo d’une part pour être parée à la pluie quotidienne et d’autre part, pour être vue de loin
·      Les enfants de tous âges sont acceptés dans les pubs. Comme quoi ça fait vraiment partie du rythme de vie irlandais de venir prendre un verre !

·       Si vous faites le bon choix d’aller visiter l’Irlande, testez ce qui suit : demandez à un irlandais quelle est la température pour les jours à venir, plus concrètement, va-t-il pleuvoir ? À tout coup, ils partent à rire et vous font sentir que votre question est farfelue. « Voyons ! Comment savoir et en plus, il pleut à chaque jour ici » que l’on peut deviner par l’expression de leur visage !

  • Il n'est pas rare de voir les moutons ou chèvres peinturées en bleu, vert ou rouge, probablement pour permettre de les identifier....

§  Mon coup de cœur définitivement de ce voyage est chaque précieux instant que j’ai passé dans les pubs, à écouter de la musique traditionnelle. Vus de l’extérieur, la façade du pub ne vous donne aucunement envie d’entrer à l’intérieur. C’est froid, souvent mal entretenu et ça donne l’effet d’un lieu abandonné. MAIS, après avoir entrouvert la porte, vous sentez une vague de chaleur s’emparer de vous. Nombreux sont les irlandais accoudés au bar à boire une bonne Guiness, une Smithwick’s, un Bulmer’s ou autre. Dans le coin près de la porte d’entrée, sur une banquette de bois ou des tabourets très bas, quelques musiciens sont réunis afin notamment de faire vibrer l’atmosphère. Guitare, accordéon, mandoline, violon, flûte traversière, le concertina, tous ces jolis sons réunis sur un même air. Encore plus surprenant, des jeunes, des moins jeunes, une dame fort bien vêtue, une autre en pantalons de jogging et avec les cheveux gras, etc…. Ils sont si différents mais tapent tous du pied sur le même air.

Ma curiosité m’a amené à poser plusieurs questions. À chaque soir sont réunis des musiciens et tout est informel. Entre autres, pas de « play list ». Par exemple, la dame bien vêtue qui souffle dans sa flute traversière décide d’entamer un air et tous les autres enchaînent. Nul besoin de confirmer sa présence, il suffit de prendre l’initiative de se joindre aux autres musiciens présents. L’effet est à tout coup magique. À plusieurs reprises, les poils sur mes avant-bras se sont dressés ou des larmes ont roulé sur mes joues tellement l’intensité du moment me faisait vibrer.


Depuis le 21 juillet et ce, jusqu’au 22 août prochain, je suis en compagnie de Marjolaine qui souhaitait vivement vivre une première expérience de voyage à vélo. En duo, nous allons parcourir une portion du Nord de l’Europe soit la Normandie (mes ancêtres !!), Belgique avec une finale à Amsterdam en Hollande.
Enfin, je fais appel à votre aide ! Je savais dès le départ que j’allais profiter de cette année pour changer de travail à mon retour. Après mûre réflexion, j’en suis venue à l’évidence que je n’étais guère enchantée à l’idée de retourner dans mon « pti » Québec d’amour. Je souhaite mettre du piquant dans ma vie : nouvel emploi, nouvel environnement, nouveau milieu de vie et tout ce qui vient avec. C’est pourquoi j’envisage faire un bout de chemin à Montréal. Bref, si vous avez des contacts qui sont à l’emploi du Gouvernement du Québec dans la grande métropole, je vous serais très reconnaissante de me le faire savoir. J’ai un profil en finances mais un emploi dans un tout autre domaine pourrait être un défi stimulant ! Merci à l’avance pour votre aide.
Également, j’habitais avant mon départ dans un 5 et demi à Québec. Afin de faciliter ma transition vers Montréal, j’ai fait le choix de sous-louer l’appartement (meublé en entier) où je vivais. Vous connaissez une ou un ami qui vient de se séparer et qui cherche un pti nid temporaire ? Vous connaissez des cégépiens ou des étudiants à l’Université qui cherchent un appartement tout meublé pour leur prochaine année scolaire ? Mon appartement est libre actuellement et ce, jusqu'à la fin juin.

Enfin, je suis à la recherche d’une chambre en colocation à Montréal ou d’un petit appartement disponible dans les environs de début septembre. Ceci est toutefois conditionnel au succès de mes démarches de recherche d’emploi.
SVP, passez le mot ! Votre aide sera précieuse…
Sur ce, je vous souhaite de passer un très bel été et de savoir profiter de chaque instant !!
Nathalie xxx

vendredi 24 juin 2011

Que de beautés dans la sud-ouest de l'Irlande !!

Galway – Doolin
C’est étonnant comme je peux apprécier les journées de congé mais « my god » que je trouve qu’il y a beaucoup de minutes dans une journée. Le temps est parfois long, contrairement à une journée sur la selle où à chaque minute, je peux sentir une odeur nouvelle, voir un paysage différent, entendre un bruit inconnu, vivre une sensation étrangère. La liberté de mon vélo m’a manqué, j’étais donc heureuse de retrouver le confort de mon URocK !



Souvent, des affiches nous rappellent qu'il faut conduire à gauche




Après avoir officiellement quitté Galway, je me suis retrouvée sur une route fort étroite en plus d’être démolie par le passage des nombreux autobus de touristes ! Clak clak clak…beding bedang…broum..vroum ! J’avais un peu hâte que ce tremblement infernal se termine.
Château Leamaneagh

Enfin, je suis aboutie à Ballyvaughan où j’avais déjà parcouru 50 kms. C’était paisible là-bas alors j’en ai profité pour faire le plein d’énergie. Drôle de hasard, un couple de touristes passe près de moi et l’homme s’arrête en me disant : « hey mais tu étais au Tig Coili hier soir, est-ce bien toi ?! » Il m’avait remarquée la veille et me retrouvait une cinquantaine de kms plus loin à l’intersection de deux routes !! La plupart des véhicules prennent la route nationale plus courte mais qui traverse les montagnes. Mon bolide et moi avons opté pour la route régionale en bordure de mer pour plus de tranquillité et de facilité.
Il n'est pas trop difficile de se retrouver en Irlande, il suffit d'avoir une bonne "map" et être le moindrement débrouillard !!

Quelques hommes pêchant dans la baie de Galway



À peine 10 kms plus loin, j’arrivais à « Black Head » un beau point de vue sur la route. Mais malheureusement, il a fallu que la pluie débute. J’étais dans un endroit très exposé sans aucun moyen de m’abriter d’une quelconque façon. J’ai revêtu mon équipement imperméable et me suis assise par terre, le long d’un muret de pierre pour me protéger un peu de la pluie qui allait sans aucun doute ne durer que quelques minutes. Plusieurs personnes ont eu l’air surprises en m’apercevant là à patienter sous la pluie…hihihi !
Après la pluie, le beau temps !!


 Dans les environs de Fanore







Alors que je grimpais une longue côte, tout en longeant un champ, j’ai fait faire un saut à tout un troupeau de vaches qui s’est alors précipité plus loin dans le champ. Mais, une brave a osé venir à ma rencontre et toutes les autres ont suivi. Gagn de curieuses !!

En soirée, au coucher du soleil, je suis allée entendre des airs traditionnels, de qualité un peu médiocre, dans les deux pubs les plus recommandés de Doolin.



Doolin (Cliffs of Moher)
Le propriétaire du camping/auberge de jeunesse où j’ai passé la nuit m’avait expliqué la meilleure façon de visiter les « Cliffs of Moher », ces fameuses falaises tant visitées qui débutent dans les environs de Doolin.

Elles peuvent atteindre 214 mètres de haut et s’étendre sur 8 kilomètres. Il m’a donc fait un beau dessin du chemin que je devais suivre à pied mais ce chemin n’est aucunement officiel, il suit pour la plupart du temps les impressionnantes falaises.


Toutefois, il m’avait bien avisé qu’à un endroit, je ne pourrais plus longer les falaises mais que je devrais me diriger vers la gauche, sur la « trail ». Une « trail » ?! Je n’en ai jamais vue !
Ça, c'était avant d'arriver à l'endroit où il n'y avait plus de "trail" !!

Ni une centaine de mètres avant, ni une centaine de mètres après. Je me suis alors retrouvée forcée à piétiner la terre d’un irlandais pour rejoindre la route asphaltée.


Moi qui déteste agir dans l’illégalité, j’avais peur à chaque pas que je faisais de voir le propriétaire sortir de sa demeure avec sa carabine dirigée vers moi. Bon, j’en mets un peu mais quand même, ce n’était pas un endroit public et près des sites touristiques comme celui-ci, les gens sont moins friands à voir des « maudits touristes » se balader sur leur terre.
Enfin, j’ai atteint le site officiel pour visiter les « cliffs », avec deux jolis pieds plein de boue ;-) J’ai été quelque peu déçue car cette merveille de la nature perd de sa magie avec le « visitor center » où les gens se ruent pour consommer, à nouveau, en achetant des souvenirs quétaines et ces abondants touristes qui se plaignent du fort vent de l’Atlantique qui souffle et les décoiffe.






M’enfin, par chance, j’avais pu quelques instants avant, contempler seule les falaises, ses formes inédites et être arrosée par les vagues de la mer qui dépassaient les plus petites falaises.
Doolin – Tralee
À mon départ, il pleuvait encore un peu mais rien d’énervant. En fin d’avant-midi, je suis arrêtée à Miltown pour dénicher sur Internet quelques campings sur la route devant moi. Tout allait si bien que je ne comptais pas me limiter aux 60 kms prévus initialement. Le soleil et le vent de dos étaient de la partie, j’avais bien envie d’en profiter.
Et de m'amuser avec les miroirs et ma caméra ;-)


Parmi mes villages préférés jusqu’à maintenant figure Kilrush, le long de la rivière Shannon, avec ses petites bâtisses toutes fort colorées.

Quelques kms me séparaient encore de Killimer pour prendre le traversier et m’éviter ainsi quelques centaines de kilomètres inintéressants à ce que l’on dit. De l’autre côté de la rivière, à Tarbert, j’ai opté pour la route nationale, plus directe pour arriver à Tralee.

Le temps passé à pédaler, on a beaucoup beaucoup de moments pour réfléchir. Je me suis dit : « Nat, pourquoi ne pas te rendre à Tralee, installer ton campement pour deux jours et aller visiter avec un vélo léger, la péninsule de Dingle ? ». L’idée était géniale car la péninsule est assez montagneuse et totalise 140 kms pour en faire le tour. Pendant que j’étais arrêtée pour me réhydrater dans une station-service (pas à boire de l’essence voyons !), j’ai eu quelques fous rire à voir tous les irlandais sortir avec une crème glacée à la main. Il ne fait jamais très chaud ici et le soleil ne se taille une place au travers des nombreux nuages que très rarement. En ce samedi plutôt chaud (on s’entend, environ 20-22 degrés seulement !!) mais surtout ensoleillé, tous en profitaient pour lécher une glace !!
Tralee - Péninsule de Dingle - Tralee
Dans le respect de mon plan élaboré la veille dans ma tête, je suis partie avec une monture plutôt légère, ayant laissé presque tous mes trucs au camping. Évidemment, ici, on ne part toutefois JAMAIS sans ses vêtements imperméables et sa caméra. Une fois les 35 premiers kms roulés, j’avais atteint la base du « Connor pass », ce col qui représente 900 mètres de dénivelé sur 6 kms. La route m’a rappelé la Corse : ça grimpe, le paysage est magnifique mais surtout, la route est étroite car tracée à flanc de montagne. Certains passages ne permettent qu’une seule voiture à la fois. Cela me donnait une bonne raison pour reprendre mon souffle. Au sommet, la vue est époustouflante, surtout lorsque l’on voit les deux versants, très différents. D’un côté, les baies de Tralee et Brandon avec la péninsule de Rough Point et de l’autre, un versant plus étroit, plus austère.


Toutefois, la pluie ayant débuté, je me suis empressée de descendre jusqu’à Dingle. Six kilomètres de descente, sous une pluie froide. Bbrrrrrr, un café et une bonne soupe ont à peine rétabli le degré de chaleur de mon « body ». Je n’avais alors que près de 50 kms faits sur les 140 prévus dans ma journée. La boucle de Seal Head représentait le prochain 40 kilomètres où il est possible de voir une multitude de traces du passé : huttes de pierre qui servaient au stockage de nourriture des bergers, des menhirs, des restes de fort, des croix sculptées, des ruines diverses, etc…






J’ai fait erreur sur la fin de la boucle en empruntant une très petite route de montagne avec un fort dénivelé, mais qui menait aussi à Dingle. Après quelques mètres seulement, je devais arrêter pour reprendre mon souffle. De retour à Dingle, la pluie avait repris de plus belle. Il était déjà 17 heures et il me restait encore 50 kms à parcourir. Mon côté lâche parfois et mon habit détrempé, m’ont amené à prendre une sage décision : entrer au bercail de Tralee en autobus. Par chance, le chauffeur a bien voulu m’accepter (car ce n’est jamais garanti), il m’a même chargé le tarif étudiant !!
Tralee – Cahersiveen
Ce matin-là, j’ai tardé à partir en raison de la pluie. Au déjeuner, j’ai partagé mon café en compagnie d’une famille allemande de cyclotourites. Quelle chance elles ont ces deux ados de s’adonner à un si beau sport à leur âge. Elles ne le savent même pas….

Souvent, la pluie tombe abondamment et après, c’est chose du passé ! Ce ne fût pas le cas cette journée et ce, malgré que j’ai patienté jusqu’à 14h30 avant de débuter ma journée. Mes premiers 25 kms ont donc été sous la pluie, tellement forte à un moment que j’ai dû aller m’abriter sous une serre. L’irlandaise qui y travaillait, étonnée par toute cette pluie qui tombait, m’a dit qu’elle n’avait pas souvent vu autant de pluie en juin. Les voitures, en roulant près de moi, m’arrosaient à tout coup !!! Un peu plus tard, détrempée, je suis entrée dans une petite épicerie en demandant gentiment si je pouvais utiliser la salle de bain. La dame, de son air le plus sévère m’a demandé : « are you a customer ?! ». Je n’ai pas été assez vite, j’aurais dû placer un paquet de gommes sur le comptoir et lui répondre « yessss! » avec un grand sourire. Plutôt, j’ai continué bredouille ma route….. Enfin, après un peu plus d’une heure d’une douche naturelle, la pluie a cessée à mon grand bonheur car j’allais atteindre le Ring of Kerry, en fait, la portion la plus spectaculaire de cette péninsule irlandaise, la plus populaire d’entre toutes.

En raison de mon départ tardif, je peux difficilement me permettre d’extras sur ma route ou de longue pause mais tout de même, je me suis arrêtée quelques minutes devant la baie de Kells car la vue était superbe ! Mer, pâturage de moutons, falaise et un ciel garni de jolis nuages blancs !



J’arrive dans les environs de 20 heures à Cahersiveen, cette petite bourgade située dans une vallée, le long des montagnes Iveragh.

Le « Mannix Point camping » était situé en bordure d’un lac et l’endroit m’a paru tellement accueillant et reposant que j’ai décidé d’y demeurer deux nuits. Ici, vous pouvez utiliser la cuisine, laver vos vêtements, profiter du calme du lac, aller randonner dans les environs, lire un roman devant la chaleur d’un feu de tourbe dans la salle commune où à l’occasion quelques musiciens viennent jouer, etc…

Cahersiveen – Killarney
Wooooowwwwwwwwwwwww, quelle journée ! Une température parfaite, une route agréable et des paysages spectaculaires. J’en veux encore !!!
J’ai quitté Cahersiveen dans les environs de 10 heures. Je savais que ma journée serait longue car mon itinéraire dépassait les 100 kms.

Après avoir traversé le bout de la péninsule, j’ai dû grimper le col de Coomakista. Mais quelle ascension agréable ! Une vue exceptionnelle, un dénivelé parfait et je sentais que la forme y était !



Un peu plus loin, après la descente, j’ai aperçu une super plus belle plage avec sa mer turquoise devant moi à Castlecove.

Arrêt à Sneem, un coquet village, très coloré, où tous les autobus de touristes s’y arrêtent. J’y ai pris ma pause dîner, confortablement assise sur un banc de la place centrale. Devinez quoi ?! J’ai même fait partie des attractions touristiques…..
Par la suite, une gentille fille dans l’un des pubs du village m’a recommandé de prendre la R-568 pour sa beauté remarquable. Elle m’avait cependant prévenue qu’après le Moll’s Gap, une région plus montagneuse m’attendait, lors de la traversée du « Killarney National Park ».



Il n’en fut rien, c’est plutôt le contraire qui m’attendait. Une belle et longue descente de 6 kms dans un décor buuuuucooooollliiiiiique !!!!! Plusieurs points de vue, plusieurs arrêts, dont le « ladies view » nommé ainsi en raison la reine Victoria qui, la première fois qu’elle vit ce panorama, autorisa ses dames de compagnie à l’admirer avec elle.






La morale de cette journée : jamais au grand jamais je ne veux faire partie d’un de ces autobus de touristes qui suivent tous la même route et font de nombreux arrêts en cours de route pour aller consommer. Ce n’est pas fait pour moi. Jamais, never, nunca !! Pendant mes 95 kms de route, ils m’ont dépassés, je les ai retrouvés aux points touristiques où ils étaient arrêtés, ils m’ont dépassés à nouveau et ainsi de suite. Nous avons parcouru la même distance sur la même période de temps mais ce que nous avons vécu est fort différent. Vivement ma journée en « bécik » !!!!!
Killarney, jour de pluie, jour de repos à nouveau !
Malheureusement, il pleut à boire debout aujourd’hui et comble de malheur, le terrain de camping que j’ai élu a également été choisi par une troupe de « mobylette man ». Il y a à Killarney, en fin de semaine, un rassemblement de britanniques qui visitent l’Irlande à mobylette. Je suis loin d’être certaine que je vais passer une bonne nuit. Les bouchons sont mieux d’être efficaces…..
Sur un début de soirée fort pluvieux, je vous souhaite…BONNE ST-JEAN !!
Nat la québécoise en Irlande xxx

PS : j’ai débuté mon processus pour avoir mon identité irlandaise, j’ai déjà ma plaque d’immatriculation pour mon URocK !!!