dimanche 15 mai 2011

Ta....comme dans Talarrubias, Tarifa et tabarnouche de vent !

Talarrubias - Pozoblanco
Après une bonne journée de repos, j’étais fin prête à retrouver la route avec mon URocK ! Pour débuter, je devais retourner sur mes pas (je devrais plutôt dire sur mes coups d’pédale !!) à Talarrubias. Une fois Puebla de Alcocer contournée, je me suis retrouvée dans un magnifique décor. Il y avait une grosse butte en plein milieu d’un lac et une route était tracée tout le tour de la butte pour nous permettre d’atteindre un pont qui traversait cette étendue d’eau. Les kilomètres s’accumulaient rapidement sur mon compteur sans que je m’en aperçoive tellement je prenais plaisir à rouler dans cet environnement.



Quelques minutes avant 14 heures, heure de fermeture des commerces en Espagne, je me suis arrêtée à Cabeza del Buey pour manger une bouchée. Déjà 60 kms étaient faits ! Les gens du village me disaient que Pozoblanco était encore à 60 kms de Cabeza del Buey. Pourtant Google maps m’avait indiqué 90 kms. Hummm….après vérification, c’est « Nat maps » qui était dans l’erreur, il y avait bien un autre 60 kms qui m’attendait. Sans tarder, j’ai donc poursuivi ma route qui débutait par une longue et belle descente avant d’atteindre la frontière de l’Andalousie ! Youpppiiiii, j’y suis ! Pour m’encourager à mouliner encore et encore en vue d’atteindre Pozoblanco, j’ai demandé au beau Chris Martin de me chanter quelques douces mélodies. Soudain, je n’étais plus sur ma bicyclette mais j’étais au show de ColdPlay !!! La nationale 420 était parfaite, il faut dire que les routes en Espagne se méritent une note quasi parfaite, c’est un réel bonheur de rouler ici. Le pavage est tout de même assez récent et les accotements sont généreux. Règle générale, les automobilistes sont assez respectueux, ils vont donc changer complètement de voie en prenant garde d’utiliser le clignotant la majorité du temps. Mais, à l’approche des grands centres, les comportements sont tout autres. On se fout pas mal du cycliste fou en bordure du chemin, on ne se doute pas une seconde comme il peut être dangereux de les frôler à vive allure. La voiture qui a, depuis le début de cette aventure, passé le plus près de moi est …..oh surprise….une voiture de police ! Poursuivons la route…À Belalcazar, j’ai aperçu mon tout premier château au sommet d’une butte.

Enfin, j’ai passé quelques villages, Hinojosa del Duque, Villanueva del Duque et Alcaracejos avant d’atteindre Pozoblanco. Les réponses que l’on obtient à nos demandes d’information sont parfois étonnantes et contradictoires. À Pozoblanco, un homme m’a dit que le camping Ciudad del Ocio était à 11 kms alors qu’à la centrale de police on m’a dit qu’il n’était qu’à 3 kms MAIS, ils ne pouvaient pas me dire s’il était ouvert ou fermé. Malgré l’heure tardive et mes 125 kms dans les jambes, je m’y suis rendue.  C’était finalement environ 5 kms et par chance, un sympathique couple était là pour m’accueillir. Le camping municipal est ouvert à l’année mais comme je suis en basse saison, j’étais la seule et unique cliente pour cette soirée alors à nouveau, j’ai été traitée avec beaucoup d’attention, surtout après leur avoir dit la distance que je venais de pédaler !
Kilomètres parcourus : 131 kms en 7h23
Pozoblanco – Cordoba
Pour bien débuter la journée, quoi de mieux qu’un détour qui ajoute un bon 15 kms à l’itinéraire prévu ?!?! Hihihi ! La première portion était tout de même assez en pente alors qu’on m’avait dit que le trajet était plutôt plat. J’ai fait un court arrêt à Villaharta pour faire le plein d’énergie et par chance puisque j’ai eu plusieurs belles et longues surprises après mon dîner. À un point tel que j’ai descendu une pente de 6 % pendant 5 kms à l’approche de Cordoba que l’on surnomme gentiment « Cordoue » !

Cette deuxième portion du parcours avait les allures de la route entre Baie St-Paul et Ste-Anne-de-Beaupré, ce qui signifie de longues montées et descentes, un accotement juste à moi, à mon grand bonheur puisqu’il y avait de nombreuses « vans » dont le vent créé par leur passage me poussait de tout bord, tout côté ! Enfin, j’arrive à Cordoba où le camping affiche un tarif exhorbitant…..23 euros alors que la veille, je n’ai que 7 euros. En soirée, je suis allée faire une courte visite de la ville en autobus.

Kilomètres parcourus : 91,2 kms en 4h50
Cordoba – Dos Hermanas (près de Sévilla)
Une première moitié de journée fantastique, une route plate, une vraie de vraie !! De plus, j’avais le vent avec moi alors ça roulait merveilleusement bien et tant mieux car je savais que plusieurs kilomètres m’attendaient !
Après mon dîner, j’ai poursuivi ma route et c’est là que j’ai vécu un moment « moins l’fun » disons ! Une camionnette était arrêtée dans le champ, la portière était ouverte et j’ai aperçu un homme qui, très librement…..se masturbait ! À ma grande surprise, je l’ai revu un peu plus loin alors qu’il recommençait son « pti jeu ». Je ne me sentais pas grosse dans mes « cuissards » (ahaha !) car j’ai bien senti qu’il me suivait. Par chance, la route était achalandée alors j’avais le feeling de pouvoir avoir recours à l’aide des gens qui circulaient sur la même route que moi. Je l’ai revu à quelques reprises mais cette fois-ci, à conduire sa voiture. Était-ce pour me pourchasser, je n’en sais rien mais à chaque fois, je l’ai ignoré, je ne voulais pas embarquer dans son « pti jeu ». Après un certain temps, qui m’a paru très long, j’ai fini par le perdre de vue. Puisque je ne me suis pas sentie en sécurité pendant ce moment, je suis allée le dénoncer aux policiers du village suivant qui sont rapidement partis à sa recherche. Par la suite, la route me paraissait interminable, le ciel s’était couvert, mes jambes se faisaient de moins en moins fortes mais enfin, le camping Villsom s’est présenté devant moi. Quant à moi, je me suis présentée à l’accueil, les deux bras dans les airs et le visage débordant de sourire mais aussi de fatigue !
Kilomètres parcourus : 146 kms en 7h22
Jour de féria, jour de fiesta à Sévilla
Je suis tombée follement amoureuse de cette ville, comment ne pas tomber sous le charme de Sévilla ?! Mon cœur a cessé de battre lorsque je suis arrivée devant l’immensité de sa cathédrale, dont j’ai mis près de 2 heures à visiter chaque racoin.

La cathédrale gothique de Sévilla est la plus grande église d’Espagne et l’une des plus richement ornées. C’est d’ailleurs dans cette cathédrale que sont conservés les restes de Christophe Colomb. À l’intérieur, on y retrouve une bonne dizaine de chapelles.








En après-midi, je suis allée me balader à Reales Alcazares, la forteresse des rois. C’est un immense jardin aux fortes influences arabes.

Mais le moment le plus fort de cette journée restera tout simplement celui d’observer la vie qui se déroule pendant la féria, la semaine suivant la semaine sainte, un autre moment fort à Sévilla. Les habitants revêtent leurs plus beaux habits, les femmes sont ravissantes dans leurs flamboyantes robes et avec les fleurs accrochées à leurs peignures.

Même les chevaux sont élégants dans leur démarche ! L’heure est à la fête ! Il y a au moins un millier de kiosques alignés dans un secteur de la ville, des chevaux se baladent dans les ruelles avec les belles dames assises dans les carrioles derrière.


À l’autre bout, on retrouve la section des manèges, ce qui m’a remémoré Expo Québec. Toutefois, les filles sont vêtues de leurs robes de flamenco et se ruent dans les manèges…c’est vraiment comique à voir !


Chaque kiosque est privé, les touristes ne sont donc malheureusement pas les bienvenus. Les gens s’y regroupent pour faire la fête, pour danser le flamenco. C’est une fête haute en couleurs, une belle parade en plein-air ! Sévilla, une ville aux beautés infinies !!


Dos Hermanas – Conil de la Frontera

Puisque toute bonne chose a une fin, je devais enfourcher à nouveau ma bécane le lendemain matin. Mon plan initial était de passer par Jerez de la Frontera en empruntant la nationale 4 mais j’ai vite fait de constater que le passage dans Jerez était impossible car aucune route, accessible aux vélos, ne s’y rendait. J’ai d’ailleurs dû changer mon itinéraire en cours de route et privilégier les petites routes de campagne. C’est donc à Las Cabezas de San Juan que j’ai quitté la nationale 4 où j’ai pu croiser de nombreuses cyclistes. Les routes 371 et 393 étaient désertes. Il n’y avait que moi dans cette vaste campagne.


Au loin, on pouvait apercevoir les montagnes de la Sierra Bermeja. Sur la route, j’ai croisé deux très jolis villages, soit Espera et Arcos de la Frontera où j’ai pris ma pause.


J’ai d’ailleurs bien étonné l’homme qui travaillait à la station-service où je me suis arrêtée. Je commence à peine à m’habituer au fait que les commerces sont fermés à partir de 14 h mais je n’ai pas encore saisi que le dimanche, c’est jour de congé. Par chance, j’ai toujours quelques provisions dans mes sacoches et je peux également compter sur les campings qui ont bien souvent des restaurants. Entre Paterna de Riviera et Medina, j’ai fait la connaissance de deux polonais à bicyclette. Nous avons d’ailleurs partagé la route pendant quelques kms, jusqu’à Medina où j’ai eu affaire à ma plus longue et plus rude ascension jusqu’à maintenant. Par chance, il était 17h. J’avais tellement chaud que la sueur coulait du bout de mes tresses ! La chaleur est de plus en plus écrasante, je n’ose même pas imaginer ce que ça doit être en plein mois de juillet et août. Et, j’ai d’ailleurs compris pourquoi tous les commerces ferment de 14h à 17h. Je vais devoir ajuster mon horaire de vélo, c’est-à-dire rouler tôt le matin lorsqu’il y a peu de vent et que la chaleur est supportable, prendre une longue pause entre 13h et 16h et poursuivre ma route par la suite. Le soleil se couche vers 21h alors j’ai amplement de temps pour rouler la 2e section de mon itinéraire. À Chiclana de la Frontera, on me donna les indications pour que je me rende au camping tout près de Conil de la Frontera, mais, la fatigue se faisait de plus en plus sentir. Chaque kilomètre était souffrant. Enfin, j’arrive au camping Roche, il est 20h !!

Kilomètres parcourus : 158 kms en 7h56. Fait à noter, Google Maps avait approximé 94,4 kms. Il y a une méchante différence entre 94,4 et 158…non ?! Je l’ai déjà dit que je haïs Google maps ?!

Conil de la Frontera – Tarifa….. une journée pour user le « pti » plateau !

Du vent, du vent et encore du vent ! Ce n’est pas assez …. une fois encore …. du vvvvvvvvvvvvvvvvvvvveeeeennnnnnnnnntttttt tabarnouche! Des rafales qui devaient bien atteindre le 100 kms/h et svp, en plein dans la face. C’est drôle, à chaque fois que la route changeait un peu de direction, on aurait dit que le vent faisait pareil….le pti mosus ! Une journée infernale que je ne souhaite pas revivre de sitôt ! Pour vous donner une idée, dans une pente descendante, sur le petit plateau, je devais pédaler pour atteindre 12 kms/h. Incroyable mais tellement vrai ! Ais-je besoin de vous dire que les kilomètres ne s’accumulaient pas assez vite à mon goût sur le compteur. Quand on n’avance pas comme ça, c’est très dur pour le moral. On force beaucoup mais nos efforts ne donnent presque rien, c’est très décourageant ! J’ai songé à plusieurs solutions : 1. Retourner sur mes pas, profiter du vent de dos et prendre l’autobus à la première station de bus que j’allais rencontrer 2. Faire du pouce….j’ai d’ailleurs fait quelques signaux de détresse au passage d’autobus 3. Espérer ! Hé oui, espérer qu’une gentille âme ais pitié de moi et m’offre un « lift » 4. Arrêter pour la nuit au prochain camping que je croise sur ma route et attendre que la tempête de vent passe 5. Pleurer toutes les larmes de mon corps. Mais je n’ai pas eu à choisir parmi ces solutions. Alors que j’avais la gorge nouée tellement j’étais découragée devant la désastreuse journée que je vivais, j’ai aperçu les deux polonais qui étaient en pause, assis sur le bord de la route. Ils vivaient le même calvaire que moi. Ils m’ont offert une délicieuse orange (j’en mange tellement, elles sont juste trop bonnes !!), nous avons échangé sur notre début de journée et avons décidé de joindre nos efforts pour les 30 kms d’ici à Tarifa. À trois, ça allait un peu mieux. Au moins, on avait la chance d’essayer de se cacher derrière quand ce n’était pas notre tour de rouler devant pour affronter le vent. Comme la route a quelque peu changé de direction, nous nous sommes retrouvés avec un fort vent de côté, des bourrasques terribles qui nous balançaient d’un côté à l’autre de l’accotement. J’ai souvent eu peur d’être précipitée en dehors de la route (garrochée dans l’clos…en bon québécois !). Avec ce vent de côté, plus moyen de se cacher derrière, il fallait tous les trois en souffrir. C’était à la limite du danger car les automobilistes ne comprenaient pas à quel point trop souvent n’ont n’avions pas le contrôle sur notre monture. Après les jambes, devinez où j’ai eu le plus mal ?! Aux mains !! Je devais tenir mes « cocottes » de guidon tellement serrées, il m’était d’ailleurs impensable de lâcher mon guidon pour saluer des gens qui klaxonnaient pour nous encourager !! Chaque kilomètre gagné était en quelque sorte une victoire !! Enfin, vers 17h, Krzysztof, Karol et moi avons atteint, non sans peine, le petit village de Tarifa. J’étais partie depuis 10h le matin. Tout ce temps pour n’avaler que 74 kms !!! La première chose que j’ai faite fut d’aller à la station d’autobus pour prendre des informations à propos d’un voyage en autobus que je me retrouve contrainte de faire. Et finalement, nous sommes allés nous asseoir sur une terrasse pour boire une bonne Cruzcampo, une bière ibérique tellement méritée !
Kilomètres parcourus : 74,3 kms en 5h22. Je vous fournis le calcul, ça donne une minable moyenne de 13,7 kms/h
Ce matin, le trio s’est défait ! Eux se dirigeaient vers les montagnes alors que moi, je devais prendre le bus. La route le long de la côte n’est souvent constituée que d’autoroutes et les cyclistes n’y sont pas admis. Et, par manque de temps, je ne peux pas me permettre de passer via les montagnes. Je fais donc actuellement le trajet Tarifa – Malaga en autobus, ce qui représente environ 200 kms. Il me reste tout de même 500 kms à faire en 5 jours car je dois être rendue à Alicante le 14 mai au soir. Une petite blague que je vous partage….le chauffeur d’autobus m’a demandé de plier mon vélo pour l’entrer dans la soute à bagages….euhhh….c’est qu’il est en acier monsieur le chauffeur ! J’ai passé proche ne pas être admise dans l’autobus, un peu plus et mes plans étaient totalement chamboulés ! Fiouuuuu !
La route se poursuit, plus que quelques jours à faire souffrir mon derrière…hhihihihi !
Hasta luego amigos y amigas, Natalia xxx
PS : À noter que quelques jours se sont écoulés depuis l’écriture de ce texte. Vous saurez sous peu où j’en suis rendue. À suivre…..j’ai fait un changement majeur à la dernière minute. Comme quoi qu’il n’y a que les fous qui ne changent pas d’idée !!
PPS : ma collecte de fonds pour le Relais pour la vie va pas si mal...445 $ amassés mais j'ai plus de 1 300 kms pédalés ! Hop hop, il reste quelques jours pour vous faire contribution.


Merci à l'avance !

mardi 3 mai 2011

Enfin, je l'ai trouvé !!

Après un long et pénible voyage en avion via Londres (pensez-y à 2 fois avant de choisir cet aéroport, ….j’ai détesté !), je me suis retrouvée à Madrid avec mon meilleur ami URock. C’est donc à nouveau confortablement installée dans ma centrale informatique que je vous écris.
Mon compteur au départ

Vendredi 29 avril
Contrairement à ce que j’avais prévu, j’ai dû partir à vélo du centre-ville de Madrid. Une toute première expérience pour moi qui a l’habitude d’éviter les grandes villes avec ma bécane. Ça s’est somme toute bien passé puisque j’avais prévu le coup en inscrivant le chemin à suivre, proposé par Google Maps. Si je n’ai fait que 75 kms dans cette journée, c’est probablement en raison des nombreux détours que j’ai dû faire ou interventions auprès des locaux afin de trouver mon chemin. Après Leganes et Fuenlabrada (où j’ai écouté le mariage princier tout en dînant dans une station-service), mon périple s’est gâché à Grinon où je n’arrivais pas à retrouver les rues proposées par Google Map. Merci à la dame qui m’a finalement indiqué le chemin à suivre pour atteindre Leminchar, ce petit village où j’ai fait ma toute première crevaison. Première journée, première crevaison ! Bon, ça va, c’est prévisible mais ce qui n’était pas prévu est que j’ais placé dans mes sacoches de vélo 2 tubes de rechange pour un vélo de route (celui que mon père avait loué à San Diego pour ceux qui me suivent depuis le début !!). Bravo Nat, deux morceaux de robot !! Que faire ? Je suis à plus de 25 kms de Toledo, la seule ville où je peux compter trouver de l’hébergement et un magasin de vélo. J’ai déniché un « kit de patchs » dans mes sacoches alors c’était pas mal l’unique solution que je voyais pour l’instant. Tel que je m’y attendais, la réparation n’a pas tenu le coup trop longtemps. Rendue à Recas, le village suivant, j’ai dû arrêter dans une station-service, à la recherche d’une meilleure solution, du moins plus durable ! Pas de camping, pas de boutique de vélo mais un gentil monsieur qui nous ont amenés, moi et ma roue avant, au garage de pneus de Recas. On a réparé mon tube pour un gros zéro euros et le gentil monsieur est venu me rapporter à la station-service. Une première preuve de générosité des espagnols ! Alors que je m’affairais à replacer tous mes trucs sur mon vélo, un autre monsieur est venu me voir pour me faire savoir que mon pneu avant était dégonflé. Sapristi ! La réparation a tenu environ 10 minutes. Que faire ? Maintenant, il tombe une méga grosse averse sur Recas, les orages, éclairs et tout le tralala et je suis à nouveau dans l’pétrin ! Cet homme, Juan Antonio, m’a fait savoir qu’il s’en allait travailler dans quelques minutes tout près de Toledo et qu’il lui ferait grand plaisir de me rendre service. Yé ! Deuxième preuve de générosité des espagnols !!! J’ai donc embarqué URocK dans sa bagnole et nous sommes aussitôt partis. Il m’a laissé dans une station-service de Toledo où j’ai pris les informations pour me rendre au camping, où j’espérais me rendre en marchant tout en tenant mon URock qui fait tout près de 100 livres. Demain, j’allais régler mon problème de  « flat », pour le moment, j’en avais assez !! Mais, Faustino ne voulait pas me laisser dans un sale pétrin….troisième preuve de générosité des espagnols !! Avec sa pompe qui se trouvait dans le coffre arrière de sa voiture, il a tenté de gonfler mon pneu avant mais sans grand succès. Il m’a proposé de l’attendre, il allait passer chez lui pour récupérer une meilleure pompe. Mais, comme cela ne m’apparaissait pas être une solution de longue durée, je lui ai plutôt demandé de m’indiquer le chemin pour une boutique de vélo ou j’escomptais régler mon problème une fois pour de bon !! Avec fierté, il m’a envoyé à la boutique Jimenez où lui, un grand cycliste, va très souvent. Il a même pris la peine d’inscrire sur la map de Toledo que je tenais dans mes mains « atender bien a esta chica » (prendre soin de cette jeune fille). Les Jimenez ont donc réparé mon pneu avant et m’ont vendu deux tubes faits pour mon vélo, pendant que moi, j’allais récupérer quelques provisions au supermarché. Fiou, il est 20h, je ne suis pas très loin du camping Greco, il y a de fortes chances que j’arrive avant la tombée du jour ! Ouf, dois-je vous dire que j’étais contente d’arriver là-bas. Je n’avais pas soupé, ma tente n’était pas montée, je n’étais pas douchée mais au moins…..ma première journée était presque finie !!!! Ma conclusion de cette journée : il est facile d’être une fille seule à vélo, nul besoin de demander de l’aide, ça vient tout seul à nous !!!
Kilomètres parcourus : 75 kms seulement en 4h36
Toledo

Samedi, 30 avril
N’ayant toujours pas récupéré des dernières journées mouvementées (à noter que le 26 avril au matin, je quittais Cancun en direction de Montréal et mes bagages de vélo étaient loin d’être prêts), j’ai mis du temps a me lever, plier mes bagages et aller dessiner mon itinéraire sur Google Maps. Ce fut une journée pas meilleure que l’autre, sinon pire ! Virer en rond comme je l’ai fait, c’est quasiment inimaginable. J’ai même osé emprunter l’autoroute alors que je n’avais pas le droit. Google Maps….plus jamais ! Vivement les bonnes vieilles cartes routières ! Actuellement, celle que je détiens est une 1 : 700 000 ce qui n’est pas suffisamment détaillé, je vais me procurer une 1 : 400 000 dès que je serai dans une plus grosse ville. En plus, a demander l’aide des gens, je me suis aperçue que peu connaissent les environs. Une personne me dit de tourner à gauche alors que l’autre me dit de tourner à droite. Les routes indiquées sur Google Maps n’existent tout simplement pas ou portent un numéro différent. Après Toledo, je devais passer par Burguilos, Ajofrin, Orgaz, Los Yebenes et finalement Consuegra. Après avoir enfin atteint Burguilos, j’ai décidé de rouler sur la nationale 401 mais sans trop savoir si j’y avais droit. C’est l’équivalent de rouler sur la 138 a Québec, donc 2 voies qui se rencontrent. Par chance, l’accotement était assez généreux mais les décors sur une route nationale laissent plutôt a désirer. Passé Ajofrin, le ciel s’est noirci et une grosse averse a alors débuté. C’en était trop, malgré le minable 50 kms affiché sur mon compteur, j’ai décidé de mettre un terme a cette journée en arrêtant au seul hôtel de Orgaz, celui ou tous les hommes vont perdre leur dimanche après-midi en prenant un, voire plusieurs verres ! Demain devrait être une meilleure journée que je me suis dit en me couchant sur (je n’ai pas dit dans puisque j’ai opté pour mon bon sleeping) le lit dur comme d’la roche !!
Kilomètres parcourus : 50 kms en 3h14
Dimanche, 1er mai, fête du travail en Espagne
Le soleil brillait à mon réveil, c’était déjà ça de gagné après deux journées nuageuses. Ma stratégie était maintenant de ne tracer que mon itinéraire sur ma carte routière et d’inscrire le nom des villages par lesquels j’allais devoir passer. Ainsi, plus de temps perdu à chercher des routes inexistantes, j’allais maintenant pouvoir me fier sur les affiches ou demander aux gens dans quelle direction aller pour atteindre le prochain village. Tout s’est merveilleusement bien déroulé à ce niveau. Après Arisgotas, une longue ascension m’attendait et cela m’a rappelé des souvenirs de la Corse. Mon corps répondait tout de même assez bien à l’effort qui était demandé. De l’autre côté de la butte, après avoir visité Marjaliza, je me suis retrouvée sur la CM- 4017, une route de campagne quasi fraîchement asphaltée. Un pur délice, ça roulait si bien !!!!

Enfin, je l’ai trouvé…..mon beat, mon rythme qui me convient, le confort et le plaisir de rouler sur ma bécane.

Au passage de chaque petit village, je prenais plaisir à saluer les gens, ce que j’avais peu fait depuis mon départ. Voilà une preuve qu’enfin, j’étais bien ! Court arrêt à El Molinillo, un village d’au plus 100 têtes, pour prendre mon repas du midi et remplir mes gourdes. Couchée au soleil, j’ai « roupillonné » quelques instants avant de repartir à nouveau sur la CM-4017.

La route est quasi déserte, j’ai rencontré plus de cyclistes que de voitures si je ne m’abuse. Les cyclistes m’ont d’ailleurs avisé qu’entre Retuerta del Bullaque et Horcajo de los Montes, ma destination finale, se trouvait le Parc national de Cabaneros et que j’aurais à affronter de nombreuses montagnes. Ils avaient tant raison ! Vingt kilomètres de « up and down », à la fin d’une journée !! Heureuse, je suis arrivée au Mirador de Cabaneros, un magnifique camping qui a vue sur Horcajo, un joli petit village dans une plaine.
Kilomètres parcourus : 96 kms en 5h13

Lundi, 2 mai
Quatrième journée et non la moindre ! Au départ du camping Mirador de Cabaneros, je vais m’informer au petit village de Horcajo de los Montes pour savoir lequel des deux chemins possibles est le meilleur, c’est-à-dire le plus facile. Sans hésiter, deux hommes me font opter pour celui qui passe par Villarta de los Montes, soit disant qu’il y a moins de montées. Ouf, j’ai peur de l’autre route si celle que j’ai empruntée est censée être la plus facile ! Oui, les chemins étaient jolis et agréables à parcourir mais j’ai passé ma journée à monter et monter encore.

Après seulement 38 kms, j’en avais ma claque, j’étais prête à accrocher mon casque, retirer mes gants, enlever mes lunettes de soleil et accoter mon cheval d’acier sur un muret de pierres. Les quelques miettes d’énergie restantes m’ont été fort utiles pour me rendre à Villarta de los Montes. Il était grand temps que j’avale quelque chose, mon niveau d’énergie était à son plus bas. Je me suis donc retrouvée assise devant la « tienda » du village, à placoter avec les habitants du coin. J’ai fait la connaissance de Adriana, une brésilienne qui habite dans ce village depuis 9 ans…mais ne s’y plait pas vraiment. Je vous laisse imaginer le scénario. Il est 13h, il y a environ une dizaine d’espagnols qui boivent de la bière et fument devant le magasin principal. Et moi, hé bien je me retrouve au travers de ça. Adriana est très gentille et accueillante. Sans hésiter, elle me propose d’installer ma tente dans sa cour arrière et de poursuivre ma route demain. Hummmm….fort tentant …jusqu’au moment où une guerre mondiale (j’exagère à peine !!) éclate entre les femmes du groupe. Cela m’a suffit pour me convaincre que je devais enfourcher mon URock et quitter l’endroit. M’attendaient alors 60 nouveaux kilomètres. Ouf, moi qui étais rassasiée après 38 !! Mais, je sens que je n’ai pas vraiment le choix. Les premiers 20 kms ont été souffrants car à nouveau, mes mollets devaient pousser mon vélo, sa charge ainsi que moi-même. Mes jambes étaient inexistantes….je me suis demandé où elles avaient bien pu disparaître. Après les 20 kms de montagne, il me restait 21 kms de route nationale à parcourir et 18 d’un petit chemin de campagne. Rendue à destination, soit Talarrubias, je m’informe pour le camping Puerto Pena. On m’annonce qu’il me reste au moins 14 kms à faire….  « NOOOOONNNNNNNN…. je vais mourir », telle a été la réponse que j’ai faite à la gentille fille qui m’a donné l’info. Je n’avais plus d’énergie, j’étais à E….E comme dans Empty, comme dans Extrêmement fatiguée, comme dans Exténuée….comme dans Écœurée !! Par chance, les kms restants étaient majoritairement en pente descendante mais tout de même, je les ai trouvés longs, extrêmement longs ces derniers kms. Il ne m’est pas arrivé souvent de dépasser le cap des 100 kms et quand je l’ai fait, c’était dans des conditions idéales, donc vent favorable, route impeccable, peu de dénivelé ascendant.  Mais cette fois-ce, ce n’était pas le cas ! Le sympathique propriétaire du camping a lu dans mon visage à mon arrivée. Il a dû lire « écourite aigue » sur mon visage puisqu’il est parti à rire en me voyant. À mon grand bonheur, lui et sa femme ont bien pris soin de moi pendant 2 jours puisque j’ai décidé de prendre OFF en ce mardi 3 mai.
Kilomètres parcourus : 113 en 7h00

Changement de sujet….ma campagne de levée de fonds pour le Relais pour la vie va bon train. Merci à Maude, Nicolas, Stéphanie, Anne et Sandy qui ont donné généreusement. Toutefois, le total des kilomètres parcourus en 4 jours est de 335 alors que le total des sous amassés pour le Relais pour la vie est de 225 $.  Hummm, je fais un don de 25 $, vous égalisez ma mise ??

Maintenant, vous voulez savoir ceux qui m’inspirent dans ce voyage ? Très souvent, mes lectures sont celles d’hommes et de femmes qui ont démontré que l’impossible était possible. Pendant mon séjour avec Patrick à  Isla Mujeres au Mexique, j’ai lu deux livres fort inspirants : Maud Fontenoy (Le sel de la vie) et Mike Horn (Objectif : Pôle nord de nuit). Maud a fait le tour de l’hémisphère sud en voilier mais à contre-courant alors que Mike a atteint le pôle nord de nuit, en compagnie d’un autre crinqué comme lui ! Mais, celui qui m’inspire le plus ces jours-ci, c’est un québécois, Rémi Lafrenière ! Il va bientôt compléter le tour des Amériques à vélo en un an. Jusqu’à maintenant, il a parcouru plus de 65 000 kms avec son vélo ! Pensez-y quelques instants ! Vous êtes étonnés d’avoir roulé 40 000 kms en 1 an avec votre voiture ! Lui, ben il en a juste parcouru 65 000 kms avec son vélo jusqu’à maintenant. Je l’ai d’ailleurs surnommé « mon Mike Horn à bicyclette ». Il a eu beaucoup de difficulté à avoir de la pub pendant son voyage, j’ose espérer que son exploit sera reconnu, qu’il le complète ou non. Il ne lui reste que 18 jours avant d’arriver à Joliette, sa ville natale. Je pense souvent à son exploit pendant que je pédale et je me demande tout simplement comment il fait pour y arriver : trouver son chemin et un lieu pour dormir, faire des provisions, manger, etc… Et comment son corps fait pour survivre à 250-300 kms par jour ?! Viande à chien ! J’ai fait 335 kms en 4 jours, il en a fait 337 en une seule journée dernièrement !!! J’ai de la misère à résister à plus de 100 kms par jour !!! Il m’impressionne solidement…. Rémi, tu es mon idole !!

Allez, je vous dis à bientôt, dans quelques dizaines de kilomètres !!!
Natalia xxx

lundi 25 avril 2011

Pédaler pour une bonne cause

Plusieurs le savent, ma maman est décédée du cancer le 1er août 2010. Elle a livré un courageux combat et jamais elle n’a baissé les bras. Malheureusement, la maladie l’a emportée. Pour lui rendre hommage, le 28 avril prochain, je me rendrai en Espagne afin de parcourir plus de 1 500 kilomètres à vélo et ce, en pas moins de 3 semaines !! C’est en quelque sorte un défi que je me lance et mon objectif est d’amasser des sous pour la Société canadienne du cancer.

Après ce périple, je reviendrai à nouveau au Québec pour notamment participer les 3 et 4 juin au Relais pour la vie de la Société canadienne du cancer qui aura lieu à Saint-Jean-sur-Richelieu, la ville natale de ma maman. Drôle de coïncidence, le 4 juin, elle aurait eu 67 ans ! Je fais partie d’une équipe composée de membres de sa famille et ensemble, nous allons lui rendre hommage. Le nom de notre équipe est les « oiseaux de paradis » car c’était sa fleur préférée et de plus, depuis sa disparition, un oiseau veille sur moi au paradis ! Je suis très enthousiaste à l’idée de participer à cette édition du Relais pour la vie de la Société canadienne du cancer car chaque pas franchi dans le cadre du Relais rapporte des fonds qui permettent à la Société canadienne du cancer de sauver des vies. Je vise à amasser 1 500 $, soit l’équivalent du nombre de kilomètres que je vais parcourir à vélo en Espagne !!

Vous pouvez vous joindre à une vaste communauté de gens qui ont à cœur d’en finir avec le cancer. Je vous invite à commanditer mon équipe et à vous joindre à moi pour livrer bataille au cancer.

Les sous amassés par cette campagne de financement permettent de subventionner les recherches, prévenir la maladie et soutenir les personnes qui en sont  atteintes. À noter que des reçus fiscaux sont délivrés pour les dons de plus de 10 $.
Au Québec, toutes les 13 minutes, une personne apprend qu’elle a un cancer. Une personne en meurt toutes les 27 minutes.  Au Canada, environ 40 % des femmes et près de 45 % des hommes développeront un cancer au cours de leur vie.
Laissez parler votre cœur!

Je vous remercie de votre appui et je vous dis « à très bientôt quelque part sur la route » !

Nathalie


Pour ceux qui ne connaissent pas le Relais pour la vie et désirent en savoir davantage, je vous invite à lire ce qui suit.

Le Relais pour la vie de la Société canadienne du cancer est un relais amical de nuit qui vise à rendre hommage aux survivants du cancer ainsi qu'aux êtres chers qui ont été emportés par la maladie. Le Relais, c'est un événement sous le signe du plaisir et de l'amitié qui permet d'amasser des fonds pour vaincre le cancer.  C'est un rassemblement d’équipes de marcheurs qui se relaient autour d’une piste pendant 12 heures, soit de 19 heures à 7 heures le lendemain matin.  Ce « challenge » veut symboliser les défis que doivent relever les malades au cours de leur maladie et l'évènement se passe la nuit pour rappeler que le cancer ne dort jamais. 
Vous pouvez contribuer par un don  mais également faire allumer un luminaire pour rendre hommage à un être cher.  Les luminaires sont des bougies spéciales placées dans des sacs de papier portant les noms de survivants ou de gens ayant succombé à  la maladie.  Le luminaire, au coût de 5 $ chacun, peut être personnalisé  par un court message.
Pendant le Relais, les luminaires sont allumés dans le cadre d’une émouvante cérémonie à la tombée du jour. Votre luminaire et le message qui y est inscrit sont sources de lumière et d’inspiration pour tous les participants qui parcourent la piste durant la nuit.

mardi 5 avril 2011

Meeeexiiiiiicoooooo !

Bonjour au printemps !!
Hé oui, j’ai encore mis du temps à vous écrire. Je l’explique principalement par le fait qu’il s’est passé peu de choses disons « excitantes » pendant cette période mexicaine. Et, j’ai une rage de lire, ce qui me laisse peu de temps pour écrire et par le fait même, le désir s’est quelque peu estompé. Il reviendra, n’ayez crainte….
Donc, à mon arrivée au Mexique le 2 mars dernier, je suis restée 3 jours à Isla Mujeres, une île située devant Cancun que j’avais adorée lors de mon voyage au Mexique en 2006. Ce fût tout autre cette fois-ci. L’île et ses décors étaient toujours aussi exceptionnels, c’était plutôt l’ambiance qui me convenait moins bien. Pendant ces trois jours, j’ai conclus que je suis rendue pas mal vieille pour « tripper » dans les auberges de jeunesse. L’hôtel Poc Na à Isla Mujeres est tout indiqué pour un jeune qui a envie de se saouler à tous les soirs (lundi, jeudi, dimanche, peu importe…) et de se coucher à 4-5 heures du matin pour finalement se réveiller tout de travers à midi. Je n’ai pas trouvé ma place là-bas et me suis même demandé pourquoi je me retrouvais là alors que quelques jours plus tôt, j’étais aux côtés de mon amoureux. Mais bon, les trois jours ont passé, j’ai travaillé mon « tan » en allant me prélasser sur la plage pendant le jour. De plus, j’ai découvert à la course chaque racoin de l’ile des femmes (Isla Mujeres).
Par la suite, je me suis rendue à Merida, toujours dans la péninsule du Yucatan mais sur le côté est, soit près du golfe du Mexique. J’y allais pour cette fois-ci, me procurer un hamac, un vrai de vrai. Les meilleurs sont fabriqués dans cette petite ville où le thermomètre frôle les 45 degrés en été. Je n’y suis demeurée que 2 jours, le temps d’effectuer mon achat et d’apprécier à nouveau la tranquillité de l’hotel Nomadas sur le 62e avenue. Drôle de hasard, je suis tombée en plein carnaval à Mérida alors qu’il battait son plein à Rio au Brésil. On se rappellera que mes plans initiaux prévoyaient que je fasse partie d’une foule carnavalesque monstre. Le carnaval de Mérida m’a quelque peu déçu mais mon hamac valait amplement le détour !
Je suis revenue sur la côte ouest du Mexique, celle où la mer des Caraïbes nous éblouit par son bleu turquoise. Après avoir passé une soirée assez relax à Playa del Carmen, je me suis rendue à Cozumel, une île fort réputée par les surprenantes sorties de plongée sous-marine que l’on peut y faire. De plus, je rejoignais des « amis de roller » de Montréal et Québec qui venaient pour effectuer un camp d’entrainement … les chanceux, je suis jalouse ! Avec deux d’entre eux,  Simon et Mohamed, j’ai fait une plongée du bord pendant le jour ainsi qu’une plongée de nuit, une toute première expérience pour moi. Ce fut merveilleux et mémorable. J’ai été impressionnée par les pieuvres qui changent de couleur en fonction du corail sur lequel elles se posent et par les crabes qui habilement dégustent leur « snack » de corail. Je dois admettre que j’étais pas mal craintive à l’idée de me perdre dans cette immense étendue d’eau à la noirceur. C’est à l’aide d’une lampe de poche que nous arrivons à communiquer et à nous retrouver. L’expérience était nouvelle, différente et assurément, à revivre !!
Mon séjour à Cozumel terminé, je me suis rendue à Cancun rejoindre « papa Munger » qui venait me rejoindre pour la 2e fois pendant mon aventure annuelle. Notre semaine a été pas mal relax. Lundi, nous avons emprunté les vélos de l’hôtel, avons pris le traversier qui se rend à Isla Mujeres et avons pédalé les 15 kilomètres encerclant cette petite île dans la mer des Caraîbes. Mardi, nous sommes allés rejoindre mes « amis de roller » à Playa del Camen car mon gentil papa avait mis dans sa valise mes super « Jet Bont » pour me permettre d’aller participer au training de fin de journée. Rien n’a changé, j’adore autant qu’avant le feeling de mes 2 pieds qui se retrouvent dans mes 8 roues de 100 millimètres et de filer à toute allure ! Skate Mexico, ce n’est que partie remise, il y a de fortes chances que je sois des vôtres l’an prochain…..il suffit que Simon me donne les bonnes dates….ahahahahah ! Le restant de la semaine, mon papa et moi avons lézardé sur la plage, profité des bonnes vagues à Cancun, lancé le frisbee, lu, ronflé sur la plage etc….
Enfin, pour terminer ce court séjour de 3 semaines au Mexique, je suis retournée à Playa del Carmen retrouver mes « amis de roller ». Une nouvelle expérience de plongée nous attendait, Simon, Mo et moi-même dans le cenote Dos Ojos (deux yeux) à Tulum. Les cenotes sont des grottes souterraines dans lesquelles des formes particulières sont créées par les stalactites et stalagmites.  Peu de poissons s’y trouvent, ce sont définitivement ces étranges formes qui attirent un lot important de plongeurs. Le fait qu’il n’y a pas de sortie facilement accessible me faisait craindre de « feeler » claustrophobe mais je m’en suis bien tiré. L’expérience valait le coup mais une fois me suffit, contrairement à la plongée de nuit.
Dernière journée, toujours avec Simon et Mo mais avec en plus avec notre « dive master » du cenote, nous avons décidé d’aller à Chitchen Itza une ruine maya pour ma part déjà visitée en 2006. Cependant, ce n’était pas une journée comme un autre puisque c’était l’équinoxe du printemps, un phénomène qui se produit deux fois par année, l’autre étant à l’automne. Selon ce que l’on nous disait, la position du soleil en fin de journée allait créer un reflet sur la pyramide et ce reflet allait représenter la queue d’un serpent, la tête faisant déjà partie de la pyramide. Vous comprendrez en voyant les photos. Mais, notre journée a été fort différente de nos attentes. Plutôt que de passer une journée entière sur le site en compagnie d’un guide et quelques autres touristes, nous nous sommes retrouvés dans un autobus complet de touristes, (incluant la "run de lait" pour les ramasser). En tout, nous avons été assis dans l’autobus pendant au moins huit heures, visité un cenote un court 35 minutes (ce que nous avions vu en profondeur la veille), passé 10 minutes à la place centrale de Valladolid qui ne valait pas tant la peine, mangé de la nourriture d’un buffet plutôt ordinaire après 40 minutes d’attente pour y accéder et fait partie d’une foule évaluée à 60 000 personnes….tout ça juste pour voir une ombre de serpent se former sur une pyramide. Combien nous avons payé pour cette journée ?! Bah, rien que 55 $....une arnaque quoi ?!
Jusqu’au 14 avril, je me retrouve pour une 2e fois en terre montréalaise. Au courant de la semaine prochaine, je vous donnerai plus de détails à propos de mon prochain défi à relever. Tout comme vous, je souhaite que le printemps se pointe au Québec. Après 6 mois à la chaleur, je suis rendue la peau pas mal fine …selon les dires de mon frère…hihihi !
Le 18 mars dernier, j’ai franchi le cap du premier 6 mois écoulé de mon voyage. C’est donc dire qu’il m’en reste moins de 50 %. Que le temps file rapidement !
Pour voir quelques photos (dont le super serpent de Chitchen Itza….wouhhhh!), consultez le lien suivant : https://picasaweb.google.com/natmunger/Mexique#
Byebye, à bientôt et n’hésitez pas à me donner de vos nouvelles ! 
Becs, Nathalie

samedi 5 mars 2011

Les chutes d'Iguazu et Buenos Aires....presqu'un mois en retard !

Je ne sais pas d’où je tiens ça mais j’adore les chutes ! Il m’était donc impensable d’être en Argentine sans aller aux fracassantes chutes d’Iguazu. Les touristes visitent habituellement les chutes du côté argentin et du côté brésilien car l’immense chute coule sur deux territoires différents.
La première journée, j’ai opté pour le côté argentin. On doit prévoir près d’une journée pour couvrir tous les points de vue. C’est vous dire comme la chute peut être immense ! En premier lieu, je suis allée à la base des chutes. C’est de là que l’on a la meilleure vue d’ensemble sur les chutes. Plus j’approchais, plus je les entendais. Quand je les ai aperçues au loin, je n’ai pas pu m’empêcher de m’écrier woooooooooooooooowwwwwwwwww ! Mes yeux se sont soudainement emplis d’eau. Quel spectacle grandiose ! Nous avions même la possibilité de les approcher à un point tel que nous en étions complètement détrempés, à ma grande joie, car il faisait très chaud et humide cette journée là !
Par la suite, je suis allée parcourir le passage supérieur, celui d’où l’on peut voir l’immense étendue d’eau se verser quelques dizaines de mètres plus bas. Enfin, pour clore la journée, je me suis rendue au Garganta del Diablo ou Devil’s throat ou Gorges du diable, le point de vue le plus spectaculaire du côté argentin. Nous devons marcher sur un pont étroit de plus de 1 kilomètre avant d’atteindre cet endroit. Les gens s’amusent à se faire asperger d’eau. En effet, tout dépendant de la force de la chute et des vents, il arrive parfois qu’un jet d’eau se répand sur la foule qui hurle à tout coup. Quant à moi, je vivais un moment merveilleux qui n’était pas causé par les chutes. Alors que je marchais sur le pont, un papillon s’est posé sur la bretelle gauche de mon sac. Au tout début, j’évitais de bouger car je ne voulais pas qu’il s’envole. Mais, je me suis vite aperçue qu’il tenait pas mal à moi. Lorsque j’ai atteint le point de vue, je marchais depuis déjà un bon 5 minutes et il était demeuré pendant tout ce temps sur mon épaule. Ma maman adorait les papillons alors j’ai vite compris qu’elle avait choisi de partager ce moment magique avec moi en s’installant sur mon épaule gauche. J’étais rayonnante et tellement fière de ce papillon remarqué par plusieurs personnes d'ailleurs. En fin de compte, au bout de 15 minutes, il a filé. J’avais les larmes aux yeux……merci papillon !
Pour visiter le côté brésilien, sachant que mon visa était expiré,  à mon hôtel « El bambu » en Argentine on m’avait recommandé de tenter d’entrer incognito au Brésil, c’est-à-dire de ne pas sortir de l’autobus lors du passage à la douane. Mais, ceux qui me connaissent savent que je n’aime pas agir dans l’illégalité, je préfère jouer franc jeu. Donc, j’ai fait le choix de sortir de l’autobus et d’aller à la rencontre du douanier brésilien qui risquait de me refuser l’entrée dans son pays puisque mon visa d’une durée de 90 jours acheté en août 2010 était expiré. Dans le Lonely Planet, un encadré disait qu’à l’occasion les douaniers toléraient certains touristes à aller visiter les chutes, le temps d’une seule journée. Qu’elle ne fut pas ma surprise quand j’ai vu le douanier étamper mon passeport et m’accorder 90 jours pour visiter son pays. Moi qui avait tout chamboulé mes plans et retiré le Brésil de mon itinéraire, voilà que j’ai maintenant  l’occasion d’y aller. Je me trouvais avec un brésilien et deux touristes turcs. Ils ont connu une fille heureuse….les idées se bousculaient dans ma tête. Environ 15 minutes plus tard, j’avais réorganisé à nouveau mes plans et inséré le Brésil du 19 mars au 13 avril !!!!!!  Juste cette étampe sur mon passeport a fait ma journée ! J’ai été récompensée pour avoir été honnête. Autrement, si j’étais passée incognito à la douane du Brésil, je n’aurais pas eu mon droit de passage de 90 jours pour le Brésil. Yééé ! Nat contente ;-) Enfin, deux heures plus tard, j’étais a Foz Do Iguazu, en terre brésilienne. En si peu de temps, je me suis retrouvée dans un endroit où j’avais peine à comprendre la langue. Les brésiliens parlent le portugais. Mais, puisque c’est très similaire à l’espagnol, règle générale, on peut arriver à se débrouiller en espagnol. Je vous invite à consulter mon album photo dont le lien est plus bas. C'est la meilleure description que je peux faire de l'endroit.
Enfin, après un dernier long voyage de plus de 20 heures en autobus, je me retrouvais dans la capitale de l'Argentine, Buenos Aires.
J'ai débuté ma visite par le quartier Palermo qui est l'un des plus huppé de Buenos Aires. Je m'y suis baladé, dans les trois secteurs : Palermo chico, Palermo viejo et Palermo Hollywood avant de prendre un copieux repas.


Par la suite, je me suis rendue au célèbre cimetière Recoleta. S'y retrouvent des gens riches et célèbres tels qu'écrivains, hommes politiques, avocats, peintres, poètes ainsi que la Evita, de son nom complet Maria Eva Duarte de Peron. Cette dernière a été la Première Dame d'Argentine en plus d'être la seconde femme du président Juan Peron. Après l'élection de son mari, elle crée la Fondation Eva Peron dont le rôle était d'assister les pauvres. Nombre d'hôpitaux ou d'orphelinats ont été crées par la Fondation. En 1949, elle devient l'une des figures les plus influentes d'Argentine. Elle s'éteint en 1952 d'un cancer de l'utérus, elle n'avait que 33 ans. Vous connaissez sûrement la chanson "Don't cry for me Argentina" chantée notamment par Madonna ?! C'était le principal succès d'une comédie musicale traitant de sa vie et sa carrière.


Après le cimetière, j’ai poursuivi ma marche pour effectuer le “walking tour” du centre de Buenos Aires. J’ai été impressionnée par la taille de la rue « 9 de Julio » ou plutôt 9 de juillet et pour cause, c'est l'avenue la plus large au monde avec ses 120 mètres de large. Il y a 4 artères, soit deux de deux voies de large mais deux autres comptant 7 voies de large chacune. Par la suite, j'ai parcouru les rues piétonnes : Florida, Corrientes et Lavallée. Sans contredit, je peux affirmer que l’architecture est absolument magnifique, j’avais toujours les yeux rivés au ciel. Tout adepte d’architecture doit aller à Buenos Aires avant de mourir ! Cette capitale vient de s’inscrire dans mon « top 3 » des plus belles capitales visitées jusqu’à maintenant, tout juste après Rome.
Deux jours sont visiblement insuffisants pour visiter tout ce qu’il y a à voir et à faire à Buenos Aires. Le lendemain matin, j’ai rapidement poursuivi l’itinéraire que je m’étais dessiné. Je me suis rendue au très coloré quartier « La Boca » avec les quelques terrasses où s’exercent des couples dansant le tango. Tranquillement, j’ai dégusté mon « milanesa napolitana » et j’ai savouré ma coupe de vin. Je me suis achetée de très belles photos dont l’une d’un couple dansant le tango devant un graffiti du Che. Par la suite, je me suis rendue dans le quartier San Telmo et j’ai marché à nouveau pour retourner à mon hôtel.
J’ai eu une très agréable finale à Buenos Aires puisque je me suis rendue dans un restaurant où il y avait un spectacle de tango. Je devais passer la soirée seule mais finalement, un sympathique couple de backpakkers, Rebecca et Ian, m'a invité a sa table. Malheureusement, les photos que je vous partage sont assez ordinaires. Mon appareil réflex n'était plus fonctionnel, j'ai dû composer avec mon appareil compact qui n'offre pas de bons résultats dans un tel évènement.


Maintenant, après un très agréable 19 jours passé en sol québécois, je suis de retour sur la route. J'ai profité de ce court passage pour passer du temps avec mon amoureux (!!!), voir ma famille et quelques amis. Ce fut bref mais fort agréable. Merci à chacun d'entre vous, j'ai vraiment vécu de beaux moments et ne regrette aucunement d'avoir mis mon voyage en mode veille pour quelque temps !


En ce moment, je suis à Isla Mujeres, le point le plus à l'est du Mexique. C'est une île de 8 kilomètres de long par 650 mètres de large qui se situe devant Cancun. Farniente, plage, baignade, lecture, dodo, snorkelling et jogging composent mon quotidien.


A bientôt ! Nat la bloggeuse mexicaine xx